La vie des sœurs Fonteneau : Exploration-Causerie
Exploration-Causerie
Le 21 juin 2003
« La vie des sœurs Fonteneau »
En ce jour de commémoration de leur naissance, le 12 févier 1953, je vous propose d’explorer quelques aspects du passé des jumelles Fonteneau ( les jumelles Fonteneau, les jumelles qu’il vous faut).
Nous commencerons par l’enfance : une enfance agriculturelle et ostreïculturelle, donc à la fois culturelle et difficile, d’où leur devise « il faut que les cultures luttent quand c‘est dur » et leur surnoms les « moissoneuses-battantes » ou encore les « sœurs-causette » parce qu’elles parlaient beaucoup !
Les sœurs-causettes ont eu une enfance à la dure, vécue à grelotter au milieu des immenses pièces du château de Méré dont les boiseries antiques craquaient sous les assauts du vent qui balançait l’ombre inquiétante des pins parasols sur les murs blafards et humides qu’un pauvre feu de bois réchauffait à peine tandis que la lueur bleutée du jour naissant baignait le petit lit de bois peint hérité d’une lignée de nobliaux besogneux dans lequel les jumelles se blottissaient l’une contre l ‘autre dans une tentative désespérée de prolongation de la douceur des rêves et de refus de l’irruption de la réalité, celle de chaque matin lorsqu’une peur indicible leur nouait leurs petits intestins grêles, l’appréhension de ne plus revoir leur mère Paulette, partie très tôt de la maison pour effarmouger les lapins et chasser le Tyrano-Dolus, un dinosaure local, seule pitance acceptable dans leur monde hostile et dont le fumet des grillades matutinales excitaient leurs papilles olfactives et les tirait de leur lit douillet pour les précipiter dans la cour où un bol de Ricoré sur une nappe à carreaux jaunes et marrons les attendait au côté de brochettes marinées au jus d’huître et de petit pain au lait, ronds, sous la ramure rassurante du figuier géant qui trônait face à la superbe bâtisse familiale que vous pouvez louer pour la modique somme de 2480 € la semaine en envoyant simplement une email à … jacqueline.marillet@baronnesdeméré.com ...
Les jumelles Fonteneau (les jumelles qu’il vous faut), ont développé leur vision nocturne après avoir passé une bonne partie de leur enfance enfermées par leur frère François dans une horloge comtoise – d’où leur tactique de se faire passer pour toc toc – ou encore coincées (toujours par François) entre les étagères d’une armoire monumentale par peur du Ramponneau. Le Ramponneau est une sorte de Père Fouettard Oléron-niais qui venait les terroriser chaque fois qu’elles ne voulaient pas avaler leur soupe …Est-ce Jacqueline, Annie ou le Ramponneau qui a renversé l’armoire sur François ? Nul ne le sait … mais le pauvre en est resté simplet,… lui aussi…, au point d’utiliser ses sœurs en robe neuve pour ramoner les cheminées du château…
Les jumelles Fonteneau (les jumelles qu’il vous faut) ont été bien élevées, en claires, c’était dans la poche ! Des filles très propres dans le fond : elles n’ont jamais lâché une perle en classe, jamais rentrées bourriches à la maison, jamais traîné dans les bas-fonds, jamais passé une nuit en cabane !
Un peu renfermées et plates jusqu’à la naissance des essaims, ce n’est que lorsqu’elles sont devenues laiteuses qu’elles se sont affinées, qu’elles sont sorties de leurs coquilles et qu’elles ont atteint la roche, elles. C’est là qu’elles ont commencé à s’ouvrir et à se Marennes, elles n’étaient pas au courant des plaisirs de la vie quand vint le raz-de-marée de mai soixante-huître.
De la révolution Hippie et de sa liberté sexuelle vint leur goût prononcé pour le sport : parmi les sports divers qu’elles ont pratiqués, signalons leurs premières vacances au ski ( à Courge-verge ?), elles partirent pleine de blé et revinrent sans un radis en poche mais percluses de courbitures.
Jacqueline la cigale avait-elle dépensé toutes les économies d’Annie la fourmi ?
En tout cas, depuis, parce que ça ne coûte pas cher, Annie marche ! Annie marche beaucoup, elle marche facilement, elle marche à tous les coups ( t’as compris Maman ?), honnête et généreuse, c’est une rend-donneuse.
Par exemple, en randonnée au printemps 1999, dans sa quête d’un hospice en Bourgogne, elle se rend à l’abbaye de Cluny – édifiée par Lingus en « on-se-sent 69 » - pour acheter du miel, du miel d’abbaye bien sûr ! …qu’elle fume dans un bougeoir ancien dès son retour et se met à écrire un poème épique sur cette ballade printanière qui se passe au mois d’octobre ! A t-elle confondu Autun et automne ? Nous ne le saurons jamais …
Ah !... Annie aime le tennis ! Elle aime sentir le contact doux des balles duveteuses et le manche bien ferme de la raquette vibrer sous l’effort des coups répétés et des allers-retours entre fond de court et montée au filet !
Jacqueline, la casse-cou, a commencé par le lancé-de-landau-rempli-de-poupées-en-couloir, les sellettes et les plantes renversées s’en souviennent encore …puis Jacqueline a exercé le sport automobile très tôt, dès son retour d’opération de l’appendicite, dans un petit bolide fabriqué par François, une petite voiture avec des roues à boyaux, les boyaux de Jacqueline d’ailleurs puisque sa plaie s’était rouverte à l’occasion (quelle horreur !) puis – comme François – elle s’est mise à la planche à voile, sur laquelle rien ne l’arrête. Comme le jour où elle a fini au milieu des pêcheurs sur la digue de Boyard ville : depuis ils l’ont surnommée « PASSE-PARTOUT » … ce qui est quand même mieux que « la Mère Fouras » !
Explorons maintenant leurs activités professionnelles :
Nous avons la preuve qu’Annie est une extra-terrestre. En effet, elle a travaillé à l’IGS, l’Institut Galactique Secret en tant que Secret-Terre pour la planète terre, puis elle a sévit à Alien-Bradley, une marque de Roswell-Automation où, alors que nous n’avons plus de pilote dans le vaisseau, elle assure la direction assistée.
Elle a du mal à décoller le matin… mais à midi, si vous la secouez, elle vous balance une soucoupe violente à la vitesse lumière !
Observez-la bien, elle vient d’une autre planète c’est sûr, ses expressions sont incompréhensibles à tout humain normalement constitué, elle est souvent dans la lune, elle mange bio - nique (parce que c’est bon pour sa libido) , elle fait choisir ses robes au cop’, elle est trop excellente : ça veut dire lente en excel, ces fameux X-Files qu’elle termine à tord en laissant des espaces vides.
Mais malgré les courts-circuits intempestifs de son microprocesseur central qui la téléporte de temps en temps dans un trou noir, notre étoile brille et reste joyeuse, c’est notre Star gaite, qui aime tant que je lui a-Men In Blague…
Tandis que Jacqueline, de par son métier d’experte en " compatibilité ", est une femme équilibrée, bien balancée, d'un tempérament actif plutôt que passif , elle n'est jamais immobilisée.
Elle a autre chose à faire que dresser des bilans, Jacqueline est toujours en mouvement, les années fiscales passent mais sur elle on peut toujours compter sans jamais craindre d'être dépréciés, résultat moi je peux vous le certifier Jacqueline c'est un trésor, on pourrait la coter en contre-valeur or ! et puis à 50 ans tout juste c'est du brut de bonheur, une Jacqueline comme ça, ça ne se dévalue pas , ne se déprécie pas, ça ne s'amortit pas, son amitié prend sans cesse plus de valeur, c'est un vrai capital de joie pour toute la vie.
En plus elle a beau passer son temps à comptabiliser en partie double, et à dresser des comptes hantés ,et chercher des ajustements et reclassements à longueur de temps, on peut le dire : c'est pas pour autant qu'elle débite des âneries, de ça aussi on peut la créditer , ça doit être parce qu'elle ne boit que de l'eau dite " des comtes " (une boisson noble).
Elle croit aux saintes écritures sans contrepartie ni ajustement personnel !
Elle a participé à who's stock car elle aime les Créance Clearwater Revival, les Rolling Stocks, Bob Bilan, elle aime quand ça balance en général !
Elle a passé ces débuts à passer des écritures au carbone mais bon le carbone qu'elle préfère c'est quand même celui de sa planche (à voile).
Enfin, les jumelles Fonteneau (les jumelles qu’il vous faut) pratiquent un autre sport dangereux : le parachutisme sans parachute … je m’explique : Jacqueline saute régulièrement de son bureau au premier étage et on a retenu Annie de justesse au moment où elle se prenait pour un oiseau et tentait de s’envoler de la fenêtre d’un restaurant de l’île de Ré à cinq mètres du sol.
Et là, au vu et au su de ces anecdotes, quelques questions graves se posent :
• en tant que jumelles, ont-elles un cerveau chacune ou une cervelle pour deux ?
• Géraldine et Guillaume vont-ils hériter de ce lourd héritage génétique ?
• va t-on retrouver un jour les cadeaux oubliés dans l’aéroport JFK de New York ?
• le prix des thérapeutes farfelus va t-il encore augmenter ? …
Un espoir cependant …et je ne parle pas seulement du moyen d’augmenter leur quotient intellectuel …un espoir donc : elles ont rencontré l’amour !
Jacqueline, avec Didier le Jardinier, a décidé de prendre le mâle par la racine.
Annie, avec Thierry le Malouin de l’Île de Beauté, qui fut d’abord une vague relation de travail imposée par la direction, …, ce qui confirme que les corses tournent autour du boulot …
Donc ! Ce soir nous sommes tous là, à Houilles,
pour fêter leurs 50 ans
…et leur dire qu’on les aime fifty-fifty … alors …
… que personne n’oublie les 50 ans d’Houilles !